Répos eternel
C. Widor
Lorsque la mort, posant son doigt blanc sur mon front,
Fera que pour topujours mes yeux se fermeront
À la beauté vivante,
Choisissez-moi, vous tous à qui je serai cher,
Une tombe au soleil sur le bord de la mer
Infinie et mouvante.
Les jours où prodiguant le rire et les sanglots
Le vent labourera l'azur sombre des flots,
J'écouterai gronder leur masse exaspérée,
Et je me souviendrai des fureurs d'autrefois,
Lorsque dans tout mon cœur retentissait la voix
Des folles passions qui montaient leur marée.
Et lorsque chanteront les grands flots apaisés,
J'entendrai résonner des anciens baisers
La musique lointaine,
-- Pour charmer le répos éternel, c'est assez
Des trésors de douleur et de joie, amassés,
Dans une vie humaine.