Annette

F. Hensel

L'autre jour la bergère Annette,

Ayant perdu son bel agneau,

Pleuroit, et disoit à l'écho

Ses chagrins, que l'écho répète:

Ah! bel agneau, tu me trompois,

Lorsque tu paroissois me chérir pour la vie;

Hélas! d'après mon coeur, je n'aurois cru jamais

Que l'on pût quitter son amie.

Je t'ai vu, dédaignant l'herbette,

Mieux aimer souffrir de la faim,

Que de prendre d'une autre main

Les fleurs que t'apportoit Annette.

Ah! bel agneau, tu me trompois

etc.

Au moindre son de ma musette,

Je te voyois vîte accourir;

Aujourd'hui tu m'entends gémir,

Et tu fuis loin de ton Annette.

Ah! bel agneau, tu me trompois

etc.