Némorin II

F. Hensel

Du soleil qui te suit trop lente avant-courrière;

Étoile du matin, fais briller ta lumière.

Hélas! pendant la nuit, je desire le jour;

Mais dès que ses rayons éclairent la contrée,

Je ne puis souffrir sa durée,

Loin de l'objet de mon amour.

Tout est calme, tout dort dans ces tristes montagnes;

Les fidèles béliers sont près de leurs compagnes,

D'elles, de leurs agneaux caressés tour-à-tour.

Le ramier dans son nid paisiblement sommeille;

Moi seul je gémis et je veille

Loin de l'objet de mon amour.

Eh quoi! sûr d'être aimé, certain d'unir ma vie

Au digne et tendre objet dont mon âme est ravie,

Le plus parfait bonheur m'attend à mon retour!

Je le dis en vain, une terreur secrète

Me suit, m'agite, m'inquiète,

Loin de l'objet de mon amour.