Félicie
G. Alary
Loin de toi, ma Félicie,
Je sens que je vais mourir:
L'amour soutenait ma vie,
L'amour va me la ravir.
Mais pour toi toujours le même,
Quand je subirai mon sort
Je prononcerai
je t'aime,
Et je recevrai la mort.
J'ai cru qu'au pied de ce chêne
Je trouverais du repos;
Loin de soulager ma peine,
Je n'ai fait qu'aigrir mes maux.
Cette forêt me rappelle
Un bois cher à nos deux cœurs;
J'entends une tourterelle,
Et je sens couler mes pleurs.
Ce ruisseau dont l'onde pure
S'échappe tout près de moi,
Si j écoute son murmure,
Je crois qu'il parle de toi.
Partout je vois mon amie,
Sans songer, dans ma douleur,
Que ma chère Félicie
N'est ici que dans mon cœur.