Tu ne saurais m'oublier

G. Alary

En vain au plaisir qui l'entraîne

Tu livres ton cœur agité,

Celui qui cause tant de peine

N'a point de sincère gaîté.

En vain, soumis à d'autres charmes,

Ton bonbeur veut m'humilier,

Dans tes yeux j'ai surpris des larmes;

Ah! tu ne saurais m'oublier!

Cette voix qui savait te plaire,

Ce regard qui te séduisait,

Et cette jalouse colère

Qu'un mot de ta bouche apaisait;

Ce nom que le fer de tes armes

Grava sur le vert peuplier,

Ces chants qui font couler tes larmes,

Tu ne saurais les oublier.

Jamais dans une àme plus pure

Tu n'allumeras tant d'amour!

Jamais la crainte du parjure

N'alarmera moins ton retour.

Ils avaient pour toi trop de charmes,

Les serments que tu veux nier;

Je t'ai vu trop fler de mes larmes,

Tu ne saurais les oublier.