Adieux à un ami
J. Faure
Ainsi tu pars... et je demeure
Tout seul dans la maison qui pleure
Un maître absent.
Ton amitié l'avait peuplée
Et tu la laisses désolée
En me laissant!
Je contemple d'un œeil avide,
La place qui va rester vide
A mon foyer.
Nous étions faits pour vivre ensemble,
Et maintenant, vois-tu, je tremble
De t'oublier!
Oh! non tu ne pourrais le croire,
N'attristons pas notre mémoire,
Serrons nos fleurs;
Rappelons-nous ce que nous sommes
Et qu'il ne sied pas à des hommes
De fondre en pleurs.
Vois, je ne répands plus de larmes;
Ta vertu vient donner des armes
A ma douleur;
Mon foyer ne sera pa vide,
C'est là que ton âme réside;
Je n'ai plus peur.
C'est là que je te garde un temple,
Sois mon conseil et mon exemple,
Inspire-moi;
Et si tu reviens, je l'ignore,
Puisses-tu me trouver encore
Digne de toi!