Le nouveau né
J. Faure
Dans son berceau d'osier que l'aïeule balance,
Regardez-le dormir, le tendre nourrisson.
Nos fermiers sont deux fois heureux de sa naissance;
C'est leur premier enfant, c'est leur premier garçon!
Que la ferme au travail tout un jour fasse trêve!
Que l'araire en un coin sommeille abandonnée!
Qu'eux mêmes les grands bœufs, livrés à leur long rêve,
Fêtent à leur insu leur maître nouveau né.
Dans son berceau d'osier que l'aïeule balance,
Regardez-le dormir, le tendre nourrisson.
Nos fermiers sont deux fois heureux de sa naissance;
C'est leur premier enfant, c'est leur premier garçon!
Semez, semez des fleurs sur l'enfant qui repose;
Ornez-le de vos dons, dirais-je à tes parains,
Et je ne t'offrirai, moi, ni jasmin ni rose,
Mais, symbole meilleur, l'épi chargé de grain.
Sois robuste et vaillant pour quand viendra la peine,
Hérite de ton père un sang vivace et pur:
Bois à longstraits la force et gaîté sereine,
Dans le lait de la mère au sein véné d'azur.
Dans son berceau d'osier que l'aïeule balance,
Regardez-le dormir, le tendre nourrisson.
Nos fermiers sont deux fois heureux de sa naissance;
C'est leur premier enfant, c'est leur premier garçon!