Ninon
J. Faure
Ninon mes amours, létoile du soir,
Ainsi qu'un saphir tremble au sein de l'onde;
Sous les orangers, Doña, viens t'asseoir,
Tout bruit s'est calmé dans la nuit profonde.
Crains-tu le tuteur brutal et jaloux,
Qui te fait baisser ta noire mantille?
Pauvre Bartholo, grilles et veroux,
Peuvent-ils garder cœur de jeune fille?
La brise emporta le bruit d'un baiser,
Qui fit taire alors la douce Mandore;
L'étoile du soir vint à s'effacer,
Et l'amant heureux murmurait encore.