Chanson d'une malheureuse mère. Imité de l'ecossois par Mr. Berquin

J. Reichardt

Chorus

Dors, mon enfant, clos ta paupière,

Tes cris me déchirent le cœur:

Dors, mon enfant, ta pauvre mère

A bien assez de sa douleur.

Lorsque par de douces tendresses,

Ton père fut gagner ma foi,

Il me sembloit dans ses caresses

Naïf, innocent comme toi;

Je le crus: où sont ses promesses?

Il oublie son fils et moi.

(

Chorus

Qu'à ton réveil un doux sourire

Me soulage dans mon tourment!

De ton père, pour me séduire

Tel fut l'aimable enchantement;

Qu'il connoissoit bien son empire,

Et qu'il en use méchamment!

(

Chorus

Le cruel, hélas! il me quitte,

Il me laisses sans nul appui.

Je l'aimois tant avant sa fuite!

Oh! je l'aime encoure aujourd'hui.

Oui, dans quelques lieux qu'il habite,

Mon amour habite avec lui.

(

Chorus

Oui, le voilà, c'est son image

Que tu retraces à mes yeux;

Ton bouche aura son doux langage,

Ton front son air vif et joyeux.

Ne prends point son humeur volage,

Mais garde ses traits gracieux.

(

Chorus

Tu ne peux concevoir encore

Ce que m'arrache mes sanglots.

Que le chagrin qui me dévore

N'attaque jamais ton repos!

Se plaindre de ceux qu'on adore,

C'est le plus grand de tous les maux.

(

Chorus

Sur la terre il n'est plus personne

Qui se plaise à nous secourir;

Lorsque ton père m'abandonne,

À qui pourrois-je recourir?

Ah! tous les chagrins qu'il me donne,

Toi seul tu les peux adoucir.

(

Chorus

Mélons nos tristes destinées,

Et vivons ensemble toujours;

Deux victimes infortuneées

Se doivent de tendres secours.

J'ai soin de tes jeunes années,

Tu prendras soin de mes vieux jours.

(

Chorus