Le chercheur de trésor
Mathieu
Coeur malade et pauvre hère,
Je comptais mes jours pour rien.
Le vrai mal c'est la misère,
La richesse est le vrai bien.
J'allai donc creuser dans l'ombre,
A la quête des trésors;
Et je dis à l'enfer sombre:
"Prends mon âme avec mon corps!"
Je traçai signes sur signes:
Puis la flamme- consumant
Os de morts, herbes malignes,
Accomplit l'enchantement.
Puis, docile au rit magique,
Mon pic sonde et me conduit
Vers la place fatidique!
Rauque et noire était la nuit.
Mais soudain, dans la clairière
Est-ce l'aube qui renaît?
J'entrevois une lumière
Comme au loin minuit sonnait.
O surprise qui transporte!
Tout s'éclaire au même instant
D'une coupe un feu que porte
Un candide et bel enfant.
Son regard qu'emplit l'extase
Sous des fleurs luit calme et pur.
Aux clartés du dinin vase
Il franchit le cercle obscur;
Il me tend son doux breuvage:
"Ah! pensè-je, au doute enclin,
Qui m'apporte un tel message
Ne peut être le Malin."
"Bois, dit-il, la noble vie!
Bois la force, et ne viens plus
Evoquer par la magie
Les esprits du ciel exclus!
Lève en haut ton front qui penche:
Dur labeur, repos charmant,
Jurs de peine et gai dimanche,
Que tel soit ton talisman!"