Lorsque tu reviendras

R. Ravarin

Lorsque tu reviendras de tes îles lointaines

Vers ton village et mon baiser,

Qu'importe que l'automne ait rouillé les fontaines

De feuillages décomposés!

Qu'importe que le vent soulève et brutalise

Le sable du rivage amer,

Que le givre se fige aux murs de cette église

Qui regarde monter la mer,

Que le souffle pressé de la saison sévère,

Sous l'air sonore et les cieux froids,

Pousse la feuille errante aux marches du calvaire

Et la jette contre la croix!

Qu'importe le déclin du morne paysage!...

Ensemble, nous contemplerons

Toi, le sillon des pleurs creusé sur mon visage

Et moi, le hâle de ton front...

Debout, les yeux unis et les mains enlacées,

Sans force pour les désunir,

Nous laisserons en nous descendre nos pensées

Sur le rythme du souvenir,

Cloche au timbre d'argent qui sur les cœurs balance

Un délice lourd de sanglots,

A l'heure où dans le soir monte, avec le silence,

La trompeuse chanson des flots...