Quant à moi, si j'avais un beau parc

R. Ravarin

Quant à moi, si j'avais un beau parc planté d'ifs,

Si, pour mettre à l'abri mon bonheur dans l'orage,

J'avais, comme ce riche, un parc au vaste ombrage,

Dédale s'égarant sous de sombres massifs;

Si j'avais des bosquets, ô rossignols craintifs,

O cygnes, vos bassins; votre sentier sauvage,

Vers luisants qui, le soir, étoilez le feuillage;

Vos prés au grand soleil, petits grillons plaintifs;

Je sais qui je voudrais cacher sous mes feuillées,

Avec qui secouer dans les herbes mouillées

Les perles que la nuit y verse de ses doigts,

Avec qui respirer les odeurs des rivières,

Ou dormir à midi dans les chaudes clairières,

Et tu le sais aussi, belle aux yeux trop adroits.