Idéal

B. Godard

Ô toi que j'ai tant aimée,

ô solitude des bois,

Brise, haleine parfumée,

Qui gémis comme une voix,

Et vous, ondes murmurantes,

soupirs de nuits odorantes,

Silences mystèrieux,

Bruit que la vallée exhale,

Comme une voix virginale,

Qui monte en tremblant aux cieux!

Et toi, blanche maisonnette,

Qu'on aperçoit du chemin,

Seuil où le pauvre s'arrête

Pour prendre un morceau de pain;

D'ou je voyais, les dimanches,

Les filles aux robes blanches,

Passer le soir lentement,

Et quand sonnait la prière,

Revenir à la chaumière

Dans un doux recueillement!