Métella

B. Godard

Dans huit jours, Métella, tu seras mon épouse:

Le bandeau virginal, détaché de ton front,

Ne mettra plus d'obstacle à ma bouche jalouse;

En voyant ton bonheur, les vierges t'envîront!

Je t'aime, ô Métella, ma belle fiancée!

Ton sourire est plus doux que celui de Vénus!

Plus ronds sont les contours de ta taille élancée,

Plus pure la blancheur de tes bras demi-nus!

Oh! laisse-les ainsi pendre de ta tunique!

Laisse ton pallium s'ouvrir sur ton cou blanc!

Laisse se dérouler de leur voile pudique

Tes cheveux, imprégnés des parfums d'Orient!

Ensemble abandonnons la ville populeuse!

Fuyons ces atrias encombrés de clients!

Que nous font le forum et la foule envieuse?

Que nous font les tribuns, les prêtres, les tyrans?

Viens, fuyons vers Tibur, où les nuits sont si belles!

Je sais un lieu désert, du Silence habité:

Nous nous endormirons au bruit des cascatelles,

Près du temple secret de Vénus Astarté.