Le festin

B. Godard

Lorsque je vins m'asseoir au festin de la vie,

Quand on passa la coupe au convive nouveau,

J'ignorais le dégoût dont l'ivresse est suivie,

Et le poids d'une chaine à son dernier anneau.

Et pourtant, je savais que les flambeaux des fêtes,

Eteints ou consumés, s'éclipsent tour-à-tour.

Et je voyais les fleurs qui tombaient de nos têtes,

Montrer en s'effeuillant leur vieillesse d'un jour.