Son front

B. Godard

C'est le pur sanctuaire où repose son âme,

C'est la blancheur du marbre au parvis du saint lieu;

C'est l'albâtre discret où scintille une flamme,

Le voile transparent qui nous cache le dieu.

Je ne l'ai jamais vu que briller et sourire,

Comme ces beaux lacs bleus, reflets profonds du ciel,

Abris mystérieux où s'endort le zéphire,

Où la nature berce un printemps éternel.

Lorsque après un baiser de sa bouche mignonne

Je presse sur mon coeur ce doux front qui frissonne,

L'ambre de ses cheveux me parfume la main.

Aux heures de tristesse où notre âme brisée

S'incline malgré nous, comme un lis sans rosée,

Je trouve la fraîcheur en y posant le mien.