Les Yeux
G. Grovlez
Voyons si ce sont bien tes yeux
Ces yeux où mon passé s'oublie,
Ces inconnus et simples yeux
Qui vont se poser sur ma vie...
Encore des regards nouveaux
Pour m'apprendre encore à pleurer!
Deux pauvres yeux comme il m'en faut,
Deux pauvres yeux que j'aimerai,
Pas plus grands que des yeux quelconques,
Et plus grands que lu destinée...
O nouveaux venus qui venez
Vous reposer des routes longues
Savez-vous que j'en dois souffrir?
Savez-vous si j'en dois mourir?
Encore des regards à aimer...
Enfin! venez, que l'on vous voie.
J'en connais qui se sont fermés
Et qui m'apportaient plus de joie...
C'étaient ceux de ma mère douce,
De mon père et de vieilles gens
Sur qui maintenant l'herbe pousse,
Et qui n'étaient pas bien méchants...
Allons, entrez, je vous le dis,
Aprés les autres, dans ma vie!
Entrez, sans remords ni scrupule,
Lamentables ou salutaires,
Et puissé-je de tant de lumière
Me faire un heureux crépuscule...