Le lazzarone

Rossini, Gioacchino

Au bord des flots d'azur

que le Vésuve au loin couronne,

dormir sous un ciel pur

c'est le bonheur du Lazzarone.

A d'autres les ennuis,

le vain prestige de la Gloire,

dans ce divin pays

il vaut bien mieux manger et boir.

Doux ciel napolitain,

que le zéphyr caresse,

chez toi quel beau destin:

l'amour, la joie et la paresse.

Pour tous quel beau destin

se divertir soir et matin.

Aux chants des barcarolles

mêlons les farandoles,

baisers, amours frivoles,

charmez ce doux loisir.

Nos coeurs n'ont plus qu'un seul désir:

à nous toujours le vrai plaisir.

Naples, Naples, Naples, Naples,

il faut te chérir,

Naples, Naples, Naples, Naples,

te voir, te voir, te voir et mourir.

Zampognes et pipeaux

courons danser sous la tonnelle,

et rire aux gais propos

de notre ami Polichinelle.

A nous l'amour, le jeu

et la gaieté que Dieu nous donne,

et puis faisons un voeu

à Saint Janvier, à la Madone.

Dans ce climat béni

la vie est une fête,

qu'un fin macaroni,

festin des Dieux, pour nous s'apprête.

Dans ce climat béni

honneur au fin macaroni.

(parlé, en se léchant les lèvres)

Oh jus! oh fromage climat béni,

oh tomates! o macaroni! climat béni.

Aux chants des barcarolles

mêlons les farandoles,

etc.