À une rêveuse
J. Pénavaire
Le carnaval s'en va, Colombine, et demain
La mi-carême; alors, la dernière folie,
Le regard abattu, la lèvre sans carmin
Sera pour une année encore ensevelie.
Le violon s'était, et la gaité s'oublie,
la mascarade fuit au détour du chemin,
Et tu sembles en proie à la mélancolie,
Et ta petit main frissonne dans ma main!
Console-toi! voici venir à tire d'ailes
Ces beaux jours enfiévrés, où les amants fidèles
Au tronc des arbres verts gravent leurs noms unis.
Vois! d'un ton azuré l'horizon se colore,
L'amour, d'oiseaux chanteurs a semé tous les nids,
Et parmi les buissons les roses vont éclore!