Le vieux livre

J. Pénavaire

J'ai voulu repasser le livre de jeunesse,

Relire les feuillets autrefois parcourus

Et chercher une page où mon âme renaisse

Avec les rêves disparus.

Hélas! rien n'est resté que mon cœur reconnaisse,

La poussière a jauni, l'encre et le papyrus;

Coins d'or et clous d'acier ont caché leur finesse

Sous la rouille d'un lent virus...

Et pourtant, en ouvrant l'enveloppe ridée,

J'ai cru sentir encor comme un parfum d'idée,

Comme un charme de souvenir.

Mais l'ivresse subtile est bientôt épuisée:

La jeunesse, ce livre, est une forme usée

Que l'âme, ce parfum, ne peut pas rajeunir!