La tente

J. Pénavaire

J'ai dit à l'enfant charmante,

Que j'aime et qui m'aime aussi:

Pour éviter la tourmente,

Plantons notre tente ici.

Rien n'y brillera, n'importe!

Qu'un chêne en soit le pilier.

Nous aurons à notre porte

Plus d'un nid dans le hallier.

Les oiseaux qu'Avril envoie

Gazouilleront tout je jour

Aux buissons d'alentour;

Ils diront un chant de joie!

Nos cœurs tour à tour

Répondront: amour!

Loin des faux plaisirs du monde,

Que nous quittons sans regret,

A nous deux, ma douce blonde,

Nous saurons le grand secret.

J'ai dit à l'enfant charmante,

Que j'aime et qui m'aime aussi:

Pour éviter la tourmente,

Plantons notre tente ici.

Vienne la saison morose

Dépouiller le rameau vert,

Le rameau jadis vert,

C'est chez nous que l'aube rose,

Transformant notre désert,

Prendra désormais son quartier d'hiver.

Que la rafale déchaine

les corbeaux, ces noirs crieurs,

Nous aurons sous notre chêne

Les rayons intérieurs.

J'ai dit à l'enfant charmante,

Que j'aime et qui m'aime aussi:

Pour éviter la tourmente,

Plantons notre tente ici.

Rien n'y brillera, n'importe!

Qu'un chêne en soit le pilier.

Nous aurons à notre porte

Plus d'un nid dans le hallier.