C'est bien, c'est quelque chose
M. d'Ollone
C'est bien c'est quelque chose; en la paisible terre,
Qui le vit naître au jour, son corps est en repos,
Et, dans le sein commun, la cendre de ses os
Pourra nourrir la violette d'Angleterre.
C'est peu de chose; mais il semble, en vérité,
Qu'à son corps soit donnée une paix plus heureuse,
Si de noms familiers une troupe pieuse
L'entoure, en ce pays que jeune il a hanté.
Venez donc, pures mains, supportez cette tête
Qui dort, ou du sommeil porte un masque trompeur;
Venez entendre, ô vous, amants de la douleur,
Le rituel des morts en notre triste fête.
Et pourtant, même encor, si cela pouvait être,
Je voudrais, me penchant sur son fidèle coeur,
A sa bouche pâlie, hélas souffler sans peur
La frêle vie en moi tout près de disparaître,
Et qui ne meurt pourtant; mais dure, pour souffrir,
Pour former lentement une âme plus constante,
Pour me faire un trésor de la figure absente
Et des mots que jamais je ne dois plus ouïr.