Le vent qui passe
M. d'Ollone
Le son du vent qui passe est la voix de ta bouche,
Et c'est toi que j'entends où l'eau rapide fuit;
Avec l'astre levant tu dissipes la nuit,
Et ta beauté rayonne en l'astre qui se couche.
Qu'es-tu donc? Ma raison se heurte à cette nuit;
Mais, bien que dans l'étoile et la fleur il me semble
Que tu sois cet esprit qui palpite et qui tremble,
Mon amour ne saurait être par là détruit
Mon amour s'enrichit de tout l'ancien amour;
Des passions de l'homme il franchit la mesure;
Et lorsque tu te perds en Dieu, dans la nature,
II me semble t'aimer plus encor chaque jour.
A jamais près de moi, bien que tu sois très loin,
Mon bonheur est fondé sur ta chère présence
Ta voix m'entoure comme une heureuse influence
Et, quand viendra la mort, je ne te perdrai point.