Éveil !

A. Gédalge

Toute la nature en fête pour nous

Nous sourit ainsi qu'une bonne mère,

Et cette éternelle a des yeux bien doux

Pour nos pauvres fleurs d'amour éphémère.

Ô verdissement des sentiers connus,

Roses diaprant la terre embaumée,

Eau tranquille et claire, où la bien-aimée

Ira rafraîchir ses petits pieds nus!

Ô virginité, verdeur printanière,

Léger tissu bleu de l'air doux encor,

Réveil, inondant le ciel de lumière,

Tu chantes en nous comme un oiseau d'or!

Sois la bienvenue, aube lumineuse,

Signe rayonnant d'éternelle foi,

Qui vins éveiller cette matineuse

Et lui dis: « Voici l'amour, lève-toi! »