Le sentier
A. Gédalge
Tu sais comme, l'autre soir,
Le petit sentier que j'aime
Te fit peur, étant tout noir,
Et te fit rire quand même.
Tu t'appuyais à mon bras;
Tu sais, - nous nous regardâmes,
Et les « Ne m'oubliez pas »
Avaient ce soir-là des âmes.
Des âmes, non des couleurs,
Des sourires, non des feuilles;
C'est comme cela, les fleurs,
Toutes les fleurs, que tu cueilles.
Et comme tu te taisais,
Effeuillant des marguerites,
Moi, dans l'ombre, je baisais
Tes mains blanches et petites.