Pourquoi?...

A. Gédalge

Or je contemplais sa fenêtre.

Pourquoi? je ne le sais pas bien.

Peut-être

Me direz-vous que c'est pour rien.

Quoi qu'il en soit, je vis ses ailes.

Si vous n'en croyez pas un mot,

Les belles

Vous le feront croire bientôt.

Cette fenêtre était très-haute.

Ce n'est pas, bien que je sois fou,

Ma faute,

Si je m'y suis rompu le cou.

Mais tout est possible en ce monde,

Depuis que j'ai vu de mes yeux

La blonde

Se pencher pour m'écouter mieux.

Pourquoi donc alors lui parlai-je

De fleurs qui poussent n'importe où?

La neige

Des beaux lis fleurit sur son cou.

Pourquoi donc lui conter les choses

D'avril errant par les chemins?

Ô roses

De sa jeunesse, œillets, jasmins!

Pourquoi tout penser et tout dire?

Quand j'aurais dû la regarder

Sourire,

A quoi bon tant lui demander?

Lorsque j'étais sous la fenêtre,

Pourquoi parler, ivre et joyeux?

Peut-être

Un baiser de loin valait mieux.

Mais la nuit fut belle, et qu'importe,

Ô mon cœur, puisque j'ai poussé

La porte

Par où l'on sort du noir passé?

Et que mon àme va, sans prendre

Aucun souci de ses douleurs,

S'épandre

A travers les sentiers eu fleurs?