D'un berceau
H. Munktell
« Dors, ma petite mère, oh! dors, mère jolie! »
Et l'enfant s'éveillant, veut bercer à son tour
Celle dont la voix triste, un peu vague, supplie:
« Dors, mon petit, dors, mon amour! »
Alors, sur les beaux yeaux aux longs regards en peine,
Agrandis à fixer le rève et la douleur,
Du berceau plein d'aurore et des gestes en fleurs
Le printemps souffle son haleine.
« Dors, ma petite mère »... et c'est le doux néant
Où le souci s'éteint sous la jeune caresse,
Où la femme, en la mère oubliant sa détresse,
S'apaise aux lèvres de l'enfant!