Pastorale

J. Hignard

Petit berger qui solitaire

Ici viens cacher tes douleurs,

Ton chagrin n'est pas un mystère:

Je sais le secret de tes pleurs.

Il est encor dans ces bocages

Plus d'une bergère à chérir;

Pourquoi t'en prendre à des corsages,

A des cœurs trop fiers pour s'ouvrir?

A la danse, sous le grand chêne,

J'en vois qui te font les doux yeux;

Enfant, la forêt est prochaine...

Et l'herbe est tendre aux amoureux.

Entends résonner les musettes,

L'air est comme ivre de chansons;

Dieu pour les nids fit les fauvettes,

Et les filles pour les garçons.

Seigneur, c'est bien facile à dire,

Mais aime-t'on comme l'on veut!

Je puis mourir pour Sylvanire;

Mais l'oublier, mon cœur ne peut!