Tristesse de l'almée
J. Hignard
Dans l'azur, région sereine,
Les colombes au vol joyeux,
Comme un collier blanc qui s'égrène,
Passent.... et je les suis des yeux.
Mon cœur gémit; d'où me vient-elle,
Une tristesse si mortelle?
Où vont ces colombes légères
Que l'oiseau de la nuit attend?
Où vont ces blanches messagères?...
Au palais du jour éclatant.
Durera-t-il longtemps encore,
Le sombre ennui qui me dévore?
Ah! je vois frémir une d'elles!
Son sang a coulé, pauvre sœur!
Quittant ses compagnes fidèles,
Elle tombe aux pieds du chasseur
Sombre tourment de ma pensée!
Comme elle aussi je suis blessée...
Hélas! innocente colombe
Tombée au doux jardin des fleurs,
Tu meurs sans avoir une tombe,
L'œil qui te voit n'a pas de pleurs!
Et comme toi tout m'abandonne!
Mais je suis femme, et je pardonne!