Sonnet
J. Hignard
Tout se détruit, tout passe, et le cœur le plus tendre
Ne peut d'un même objet se contenter toujours!
Le passé n'a point vu d'éternelles amours
Et les siècles futurs n'en doivent point attendre.
La raison a ses lois qu'on ne saurait suspendre,
De nos errants désirs rien n'arrête le cours;
Ce qu'on aime aujourd'hui déplait en peu de jours.
Notre inégalité ne saurait se comprendre!
Tous ces défauts, grand Roi, sont joints à vos vertus.
Vous m'aimiez autrefois et vous ne m'aimez plus!
Ah! que mes sentiments sont différents des vôtres!
Amour, à qui je dois et mon mal et mon bien,
Qui ne lui fîtes-vous un cœur comme le mien,
Ou que ne fîtes-vous le mien comme les autres!