Je meurs helas, quand je la vois

A. Bertrand

Je meurs, Paschal, quand je la vois si belle

Le front si beau, et la bouche et les yeux,

Yeux le logis d'amour victorieux

Qui m'a blessé d'une flèche nouvelle.

Je n'ai ni sang, ni veine, ni moelle,

Qui ne se change: et me semble qu'aux cieux

Je suis ravi, assis entre les dieux,

Quand le bonheur me conduit auprès d'elle.

Ah! que ne suis-je en ce monde un grand roi!

Elle serait ma reine auprès de moi:

Mais n'étant rien, il faut que je m'absente

De sa beauté, dont je n'ose approcher

Que d'un regard transformer je ne sente

Mes yeux en fleuve et mon cœur en rocher.