Aspérula

T. Dubois

Elle cueillit la fleur qu'on nomme aspérula:

Cette petite fleur, cette fleur étoilée,

Par je ne sais quels doigts divins fut ciselée.

Elle dit: « Oh! la fleur charmante que voilà! »

Elle cueillit la fleur aux teintes purpurines,

La regardant avec des yeux de grande sœur;

Et c'étaient deux parfums d'une égale douceur,

Deux souffles, deux rayons, deux aubes enfantines!

Elle cueillit la fleur. Le soir silencieux

Tombait, et c'était l'heure où Vénus étincelle;

Et je lui disais: « Dis, laquelle est la plus belle,

« L'étoile de la terre, ou l'étoile des cieux? »

Elle cueillit la fleur et sourit sans rien dire,

Et je compris le nom de la petite fleur.

Si bien que je crus voir, -- tu le sais, ô mon cœur! --

Briller un peu d'espoir à travers son sourire.