Trimazô
T. Dubois
Nous avons gravi les premiers
La pente des collines;
Les blés étaient verts,
Les pommiers neigeaient dans les ravines,
Les prés étaient comme un jardin,
Et l'herbe d'amour a soudain
Fleuri dans nos poitrines.
Les ramiers des bois s'accouplaient
Au creux des vieilles souches,
Tous les oiseaux rossignolaient
Et semblaient moins farouches;
Et comme une brise d'été,
Un soupir d'amour est monté
De nos cœurs à nos bouches.
Voici le mai, le mois de mai!
Par la grâce des fleurs nouvelles,
Que tout cœur dolent soit charmé;
A la chanson des hirondelles,
Que tout cœur aimant soit aimé!
Voici le mai, le joli mois de mai!