Ange divin, qui mes playes embâme

G. Boni

Ange divin, qui mes playes embâme,

Le truchement et le heraut des dieux,

De quelle porte es-tu coulé des cieux,

Pour soulager les peines de mon ame?

Toy quand la nuit par le penser m'enflame,

Ayant pitié de mon mal soucieux,

Ore en mes bras, ore devant mes yeux,

Tu fais errer l'idole de ma Dame.

Las! où fuis-tu? arreste encore un peu:

Que vainement je me soye repeu

De ce beau sein dont l'appétit me ronge,

Et de ces flancs qui me font trespasser;

Sinon d'effet, souffre au moins que par songe

Toute une nuit je les puisse embrasser.