Contre mon gré l'atrait de tes beaux yeux

G. Boni

Contre mon gré l'atrait de tes beaus yeus

Donte mon cœur, mais quand je te veus dire

Quell'est ma mort, tu ne t'en fais que rire,

Et de mon mal tu as le cœur joïeus.

Puis qu'en t'aimant je ne puis avoir mieus,

Soufre du moins que pour toi je soupire:

Assés et trop ton bel oeil me martire,

Sans te moquer de mon mal soucieus.

Moquer mon mal, rire de ma douleur,

Par un dedain redoubler mon malheur,

Haïr qui t'aime, et vivre de ses pleintes,

Rompre ta foi, manquer de ton devoir,

Cela, cruelle, et n'est-ce pas avoir

Tes mains de sang, et d'homicide teintes?