À Corydon

L. Gouvy

Je veux, me souvenant de ma gentille amie,

Boire ce soir, boire d'autant, et pour ce, Corydon,

Fais remplir mes flacons, et verse à l'abandon,

Verse du vin pour réjouir toute la compagnie.

Soit que ma mie ait nom ou Cassandre ou Marie,

Neuf fois je m'en vais boire aux lettres de son nom.

Et toi, si de ta belle et jenue Madelon,

Ami, l'amour te point, je te prie ne l'oublie.

Apporte ces bouquets que tu m'avais cueillis,

Ces roses, ces jasmins, ces œillets et ces lys,

Attache une couronne à l'entour de ma tête.

Gagnons, gagnons ce jour ici, trompons notre trépas,

Peut-être que demain nous ne reboirons pas.

S'attendre au lendemain n'est pas chose si prête.