Page, suis-moi
L. Gouvy
[ Page suy moy: par l'herbe plus espesse;
Fausche l'esmail ] de la verte saison,
Puis à plein poing en-jonche la maison
Des fleurs qu'avril enfante en sa jeunesse.
Despen du croc ma lyre chanteresse:
Je veux charmer, si je puis, la poison
Dont un bel œil enchanta ma raison
Par la vertu d'une oeillade maistresse.
Donne-moy l'encre et le papier aussi:
En cent papiers, tesmoins de mon soucy,
Je veux tracer la peine que j'endure;
En cent papiers plus durs que diamant,
Afin qu'un jour nostre race future
Juge du mal que je souffre en aimant.