Je compare à ta jeune beauté
L. Gouvy
Je compare à ta jeune beauté,
Qui fleurit toujours nouvelle,
Ce mois d'avril qui ses fleurs renouvelle
En sa plus gaie et verte nouveauté.
Loin de toi fuira la cruauté,
Comme fuit la saison plus cruelle.
Il est tout beau comme toi toute belle.
Il peint les bords, les forêts et les plaines,
Tu peins mes vers d'un bel émail de fleurs:
Du laboureur il arrose les peines,
D'un vain espoir tu berces mes douleurs.
Du ciel sur les prés Avril ouvre les fontaines,
Tu fais de mes yeux couler des torrents de pleurs.