L'étoile du berger
P. Delmet
L'ombre s'accroît et rampe vers la plaine;
Du vieux clocher tinte et pleure l'appel.
Le vent du soir effiloche la laine
Des moutons d'or qui paissent dans le ciel.
Rentrons, ma mie, en suivant la saulée,
Ton corps mignon blotti contre mon bras;
Un souffle tiède embaume la vallée.
Et nous invite à ralentir nos pas.
Arrêtons-nous, puisque la brise est douce,
Puisque la lune argente le chemin,
Puisque les fleurs scintillent sur la mousse,
Puisque ton cœur palpite sous ma main.
Arrêtons-nous près du ruisseau qui passe:
Cueillons les fruits du mystique verger:
Et qu'en tes yeux où rayonne l'espace
Brille pour moi l'étoile du berger!