C'est elle
Anonymous
Sans me faire connaître à celui que j'adore
J'écrivis en tremblant: « Je vous aime, aimez-moi;
Devinez votre amie et recevez sa foi. »
Mais quand je l'ai revu, quand je tremblais encore,
Trompant le doux espoir où je m'abandonnais,
Il n'a pas dit: « C'est elle, ah! je la reconnais. »
Sans me faire connaître, en traçant mes alarmes,
J'ai dit: « Je ne vis plus, je pleure, et c'est pour vous;
Que l'amour vous éclaire et demeure entre nous. »
Mais quand il vit mes yeux encor mouillés de larmes,
Quand il toucha ma main, quand je la lui donnais,
Il n'a pas dit: « C'est elle, ah! je la reconnais. »
Sans me faire connaître, à mon sort je succombe.
Bientôt je n'aurai plus de secret à cacher;
Bientôt s'il veut l'apprendre et s'il vient me chercher,
Il le devinera peut-être sur ma tombe.
En rêvant sur ma mort que je lui pardonnais,
Qu'il dise au moins: « C'est elle, ah! je la reconnais. »