La plaintive espagnole
Anonymous
Qu'est devenu le temps où la seule pensée
De vivre loin de lui me faisait tressaillir?
Mon âme avec frayeur en repoussait l'idée,
Et c'est moi maintenant qui demande à le fuir!
Qu'est devenu le jour où sa bouche timide
Me fit en soupirant l'aveu de son amour?
Hélas! il a passé comme un éclair rapide,
Le bonheur avec lui s'est enfui sans retour.
Adieu, trop cher objet de ma douleur secrète,
Vous que mon faible cœur ne peut cesser d'aimer.
Adieu; souvenez-vous qu'au sein de ma retraite
Mon unique bonheur sera de vous pleurer.
Hélas! c'est à regret que je vous abandonne,
Lieux chéris, lieux témoins de ma félicité;
Dites à mon amant que mon cœur lui pardonne
Ses mépris, sa froideur et sa légèreté.