Le Cloître
Anonymous
Qu'est devenu le temps où le seul mot d'absence
Même auprès d'Olivier de pleurs mouillait mes yeux?
Il était mon appui, mon bien, ma providence
Et je fuis maintenant jusques à ses adieux.
Qu'est devenu le jour où sa bouche timide
Me fit en soupirant l'aveu de son amour?
Hélas! Il a passé comme l'éclair rapide;
Le bonheur avec lui s'est perdu sans retour.
Adieu, trop cher objet de ma douleur secrète,
Vous qui m'aviez appris qu'il est doux d'espérer!
Vous qui ne saurez pas qu'au sein de ma retraite
Mon unique bonheur sera de vous pleurer.
Quoi! personne demain, dans le sombre bocage,
Ne viendra plus attendre et soupirer tout bas?
C'en est fait! et demain, muet sur le rivage,
L'écho ne dira plus mes plaintes ni mes pas.