La Batelière
Anonymous
Ce soir, ami, tu m'attendras
Sur cette marine fougère,
À l'heure qui nous est si chère.
Près de l'eau, quand tu viendras,
Au bruit d'une rame légère
Lève les yeux: tu me verras.
Si tu veux en cueillir ce soir,
Laisse des fleurs à ce rivage;
Puisqu'elles t'offrent mon image,
À leurs pieds va souvent t'asseoir.
Je ne les aime à mon corsage
Que si toi seul peux les y voir.
Sur ces flots qui font mon chemin,
Vois comme l'aurore étincelle.
Déjà seule dans ma nacelle,
Ma main ne touche plus ta main...
L'eau m'entraîne, oh! qu'elle est cruelle!
Le sera-t-elle encor demain?