Air du «Petit Jockey»
Berlioz, Hector
Il faut quitter ce que j'adore,
Adieu plaisir adieu bonheur !
Aujourd'hui je vous goûte encore,
Demain vous fuirez de mon cœur.
Séparons-nous trop douce amie,
Reçois mes adieux en ce jour,
Mais conservons toute la vie
Le souvenir de notre amour.
Ne me montre pas tes alarmes
N'ajoute pas à mon malheur,
Ne m'affaiblis pas par tes larmes,
J'ai bien assez de ma douleur.
S'il faut que notre cœur oublie
La peine qu'il eut en ce jour,
Qu'il garde au moins toute la vie
Le souvenir de notre amour.
Un jour sur un lointain rivage,
Sans espérance et sans repos,
Je n'aurai plus que ton image
Pour me consoler dans mes maux,
Alors loin de ma douce amie,
Je répéterai chaque jour :
Je lui garde toute la vie
Ce cœur que lui donna l'amour.