Objet charmant

Berlioz, Hector

Objet charmant, toi, que mon cœur adore,

Ton souvenir me poursuit en tous lieux ;

La nuit, le jour, au lever de l'aurore,

C'est toujours toi que j'ai devant les yeux,

Je me croyais insensible et volage,

Jamais l'amour n'avait fixé mon cœur ;

J'ai vu Charmir au printemps de son âge

Et pour jamais j'ai vu fuir le bonheur.

Pourquoi faut-il qu'une cruelle chaîne

M'ôte à jamais tout espoir de bonheur ?

Je ne vois point de remède à ma peine

Et je ne puis l'arracher de mon cœur !