Romance de Plantade

Berlioz, Hector

Bocage que l'aurore embellit de ses pleurs,

Garou naissant que Flore

Pare de mille fleurs,

Oiseaux, tendres zéphires

Qui charmez mes loisirs,

Pourriez-vous bien me dire

D'où naissent mes soupirs ?

Toi qui d'une onde pure

Baigne ces bords charmants,

Ruisseau ton doux murmure

Ne calme plus mes sens,

Hélas ! j'aime sans doute

Oui, j'aime, je le sens

C'est l'amour qui me coûte

Les pleurs que je répands !

Asile solitaire

Je viendrai chaque jour

Te chanter ma bergère,

Mes désirs, mon amour.

Mais si d'une voix tendre

Je ne dis point son nom,

C'est de peur l'apprendre

Aux bergers du vallon.