Romance de «Gulnare ou l'esclave persane»
Berlioz, Hector
Rien, tendre amour, ne résiste à tes armes ;
Pour mieux tromper, tu les ornes de fleurs,
Mais quand je veux ne chanter que tes charmes,
Amour pourquoi fais-tu couler mes pleurs ?
Un jour, voyant mon amant dans la peine,
Croyant son cœur irrité contre moi,
Ma main cherchant à rencontrer la sienne,
Semblait lui dire : « Ami, console-toi ! »
Mais c'en est fait, le cruel la retire,
Par son mépris, il accroît mon malheur,
Ma voix gémit, mon cœur bat et soupire
Il n'entend plus ni ma voix, ni mon cœur.
Bientôt le temps à l'ingrat vint apprendre
Combien son doute avait dû m'outrager,
Il avait tort, je n'en fus que plus tendre,
Car c'est ainsi qu'Amour sait se venger.