Complainte d'un pauvre

C. Unger

Je suis un pauvre malheureux,

toujours tout seul je vais.

Avoir un jour de bien bonheur!

un seul! si je pouvais!

Chez mon bon père encor enfant,

qu'heureux était mon sort!

L'amer chagrin devint mon lot,

le jour qui vit sa mort.

Du riche, hélas! je vois fleurir

les champs et les jardins.

L'aride route est seule à moi,

que foulent les chagrins.

Parmi ces gens heureux et gais

je cache ma douleur

et dis à tous un doux bonjour,

mais là, de si bon cœur.

Tu m'as donné mes joies pourtant,

bon Dieu, si bon, si doux,

tu verses tes consolations

du hat du ciel sur nous.

Dans chaque bourg s'élève encor

ton temple avec la croix;

les chants des chœurs et l'orgue font

pour tous sonner leurs voix.

Soleil, étoiles, lune aussi

luisaient encor pour moi,

et quand résonne l'Angelus,

seigneur, je parle à toi.

Aux bons ta porte doit s'ouvrir

un jour, oh! n'est ce pas?

Vêtu de blanc, alors j'irai

m'assoir à ton repas.