Quand te reverrai-je ?
C. Unger
J'aime à suivre dans la plaine
les sentiers les plus déserts,
loin du bruit je m'y promène,
j'aime l'ombre des bois verts.
Au pied du coteau,
au bord du ruisseau
un penser toujours m'assiège;
quand? ah! quand te reverrai-je?
Sur les ailes du Zéphyre
le printemps revient en fleurs;
tout renait et tout respire,
il ramène le bonheur.
Tout au fond des bois
mille jeunes voix
ont repris leur vieux solfèges.
Quand, ah! quand te reverrai-je?
Quand s'en vont les hirondelles
délaissant notre humble toit,
je voudrais, ouvrant mes ailes,
m'envoler aussi vers toi.
Pour me reposer
rien qu'un seul baiser,
et je brave vents et neige.
Quand, ah! quand te reverrai-je?
Du ruisseau quand l'onde roule
vers la mer sans s'arrêter,
de mes yeux les larmes coulent
et ne veulent pas sécher.
Quoi! toujours absent!
Ah! mon cœur se fend,
rien mon front brulant n'allège.
Quand, ah! quand te reverrai-je?