Fileuse
C. Unger
Tourne, roule, mon fuseau,
vite, vite, file,
file laine et lin nouveau,
sous mes doigts agiles.
Quand viendra l'hiver chez nous,
bonnes couvertures
et bons draps épais et chauds
lui feront la nique,
à la mère de penser
aux besoins des hommes.
Eux, ils peinent au soleil,
travaillons à l'ombre.
Sous sa cape mon mari,
neige ou vent qu'il fasse,
à la ville s'en ira
acheter ou vendre.
Quand il pleut parmi les champs,
à l'abri des rhumes,
il poura veiller les blés,
l'œil du maitre fume.
Quand les hommes du travail
rentret à la file,
ça ragaillardit leur cœur
voir la nappe mise.
Beau pain bis sur linge blanc,
donne goût aux viandes,
puis on cause mieux après
coude sur la nappe.
Et le soir bien fatigué
on dort mieux, je pense,
entre de bons draps bien nets,
l'eau n'est pas si rare.
Et les fêtes, nos garçons
pour se faire braves
mettent leur bel habit bleu
et chemises blanches.
Ceux qui vivant de leurs mains,
comme tous nous autres,
doi vent profiter le temps,
Dieu, pour rien le donne.
Fille doit gagner sa dot,
qui n'a pas de rentes,
faut peiner six jours durant,
puis, dansez dimanche!